CANARD-DUCHÊNE

30 septembre 2026

La maison de champagne Canard-Duchêne est née de l’union de Victor Canard et de Léonie Duchêne en 1859. Leurs descendants l’ont développée. Elle appartient depuis le début du XXIe siècle au groupe Joseph Thiénot.


Ce vitrail publicitaire Canard-Duchêne est l’œuvre de Joseph Janin (1851-1910), réalisée en 1903 (collection du musée de l’Ecole de Nancy, à Nancy, photo de Jean-Yves Lacôte). Les artistes de l’Ecole de Nancy, qui ont renouvelé les arts décoratifs avec l’Art nouveau, ont tout particulièrement travaillé le verre et le vitrail, au début du XXe siècle. Ce vitrail pourrait bien avoir été conçu à l’occasion de la participation de la maison champenoise à la Foire de Nancy en 1909.





Victor François Canard, né à Ludes, le 4 septembre 1835, menuisier comme son père, épouse le 22 février 1859, à Ludes, Françoise Léonie Duchêne, née à Ludes le 15 avril 1840, fille de Jean Baptiste Claude Duchêne, vigneron, et de Marie Jeanne Beuzart. Il a vingt-quatre ans, elle en a dix-neuf. 

Après son mariage, Victor Canard commence à vinifier et à champagniser lui-même les raisins de sa vigne, tout en poursuivant l’exercice de son métier de menuisier. En 1868, il fonde la marque Canard-Duchêne. En même temps, il s’implique dans la vie communale du village de Ludes. Il entre au conseil municipal et devient premier adjoint au maire dès 1871, puis maire de 1873 à 1876 et de 1888 à 1903. Enracinée à Ludes, la maison occupe en 1890 plusieurs bâtiments au cœur du village, place de la République.

Edmond Canard et Alfred succèdent à leurs parents Victor et Léonie à la tête de la maison (Edmond, dès 1890). Cette deuxième génération donne son élan commercial à la maison en investissant le marché russe au moment de l’Exposition franco-russe de Moscou en 1891. Profitant de l’engouement pour la France, le champagne Canard-Duchêne devient fournisseur du tsar Nicolas II quelques années plus tard. Mais la Champagne fait bientôt face à la crise du phylloxéra, qui atteint le vignoble en 1892. Toutefois, le développement du chemin de fer, avec la création en 1896 de la première ligne reliant Ludes à Reims, facilite les expéditions. Afin de se concentrer sur l’expansion commerciale de la maison, Edmond et Alfred Canard délèguent, en 1900, la fonction de chef de caves à quelqu’un d’extérieur à la famille, Henri Amant, qui restera en poste jusqu’en 1938. Lors de l’Exposition internationale de Nancy en 1909, le champagne Canard-Duchêne affirme sa présence parmi les grandes maisons. Parallèlement, Edmond poursuit l’agrandissement du vignoble patrimonial. Demeuré seul à la direction de l’entreprise après le décès de son frère Alfred, il est assisté depuis 1920 par le fils de ce dernier, son neveu Pol Canard (à qui son père a cédé ses parts).

Victor Canard entre en 1921 dans l’entreprise. Il s’initie au côté de son père, Edmond, avant de prendre la direction de la maison, neuf ans plus tard. Ensemble, ils en poursuivent le développement, notamment sur les marchés étrangers. Ils possèdent alors un large réseau commercial et une clientèle stable, ce qui leur permet de résister à la crise mondiale de 1929. Economes et prudents, depuis la guerre, tandis que beaucoup s’effondrent, ils parviennent à acquérir le château de Ludes, dont les caves et les volumes de stockage accompagnent le développement des ventes.

A partir de 1930, Victor Canard, qui est donc un petit-fils des fondateurs, donne une nouvelle impulsion à la marque. Il s’adapte aux circuits de la distribution moderne et inscrit la maison dans son siècle. Il préside en outre aux destinées du Stade de Reims à ses heures les plus glorieuses et s’associe à des événements sportifs majeurs comme les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968.

Grâce aux exportations, la maison vend 2,8 millions de bouteilles annuellement, ce qui la place au troisième rang sur le marché français. Mais cette expansion nécessite des capitaux. Après une brève association avec Piper-Heidsieck, la société Canard-Duchêne est vendue en 1978 à Veuve Clicquot-Ponsardin. Pascal Andriveau, gendre de Victor Canard et salarié de Veuve Clicquot Ponsardin, devient président de la maison au côté de François Canard (1978-1982), fils de Pol Canard. En 1987, Veuve Clicquot-Ponsardin intègre le groupe LVMH, avec Canard-Duchêne.

En 2003, LVMH vend Carnard-Duchêne au groupe Joseph Thiénot, propriétaire de la marque des champagnes Thiénot, ainsi que des champagnes Joseph Perrier et Marie Stuart. La maison se développe en France et à l’étranger pour atteindre, en 2012, 3,7 millions de bouteilles expédiées dont 30% à l’export.

En 2016, l’arrivée de Stanislas Thiénot à la tête de la maison, marque son renforcement à l’international. Canard-Duchêne est désormais présent dans cinquante pays, bénéficiant du réseau commercial du groupe Thiénot.

En 2003, après Henri Amant (1900-1938), Louis Mailliet (1938), François Leriche (1975-1994), Fernand Fayola (1994-1997), et Jean-Jacques Lassalle (1998-2003), Laurent Fédou est devenu chef de caves. Sous la direction générale de Jean-Louis Malard, il a engagé la conversion en agriculture biologique d’une parcelle de douze hectares, en 2006. Est lancée, dès 2009, une première cuvée bio. Depuis 2020, Canard-Duchêne soutient l’entreprise Reforest’ Action et, en 2021, elle a reçu le label Écotourisme de la Marne.

Carnard-Duchêne continue d’accompagner les grands exploits sportifs. L’année dernière, c’est avec une bouteille de la cuvée Léonie que Violette Dorange a arrosé son arrivée au Vendée Globe. La marque célèbre également le cinéma, champagne officiel de la cérémonie des Césars en 2023.